Mon Paris Brest Paris
(Ecrit par le pilote d’un tandem avec un mal voyant)
Arrivé à Guyancourt le lundi soir à 19 heures, madame
GPS nous conduit dans un petit resto sympa où nous mangeâmes des pâtes pour
commencer à s’habituer,.Jusque là, tout va bien. On rentre à
l’hôtel et nous croisons les premiers départs de vélos spéciaux, comme le
tandem vélo couché dos à dos. La pluie commence à tomber et on espère pour eux
qu’elle va cesser, ce ne sera pas le cas. Mardi lever 3 heures, on avale un
quart de gateausport et une tasse de café et on se rend en tandem vers le lieu
du départ ; la pression commence a monter, je ne trouve plus
l’itinéraire (pourtant bien rangé ; on le retrouvera au retour).tant
pis car on décide de rattraper le groupe parti une minute avant, mais on le
perd à cause des feux tricolores, ce n’est pas grave car d’autres
cyclos se dirigent dans la même direction. Pointage puis direction le box de
départ, ça ne se bouscule pas ; en tout trente engins spéciaux ; tant
mieux je n’aime pas la foule. Départ prévu normalement à 4h45, seulement
bla..bla..bla..et départ officiel 5h moins trois minutes,(comme dis Franck on
aurai pu dormir ¼ h de plus). Enfin départ sois disant bloqué à
Au bout de10Km la pluie se met à tomber. Après
plusieurs chutes à l’arrière nous arrivons à Chateauneuf en Thymerais où
j’avais décidé de m’arrêter au café des sports. La patronne nous
fait mettre le
tandem à l’abri. Arrêt ¼ h, la pluie a
l’air de ralentir, nous décidons de repartir, je signe le livre
d’or, et c’est reparti pendant que d’autres cyclos prennent
notre place, direction Mortagne au perche, ou nous arrivons sans pluie ; notre
véhicule nous attend, je salue Gégé de Montmartre au passage et nous nous
restaurons au sec (je croie que c’est la seule fois).
Nous
changeons de tenue, elle séchera dans la voiture. .Prochain pointage à
Villaines la Juhel, pas trop de pluie, arrivée sous le soleil !

Pour l’instant ça
beigne, on est dans les clous. On pointe, on se restaure et on repart en
direction de Fougères. Toujours dans les clous, mais là tout se complique quand Franck réalise que nous roulons à une
vitesse supérieure à notre vitesse de croisière des qualifs, et il décide de ne
plus rouler et de s’arrêter dormir a Tinténiac ! Je maintiens mon
allure mais pédale pour deux, voir trois, car je dois remonter ses jambes qui
n’appuient plus. J’arrive quand même avec trente minutes de retard
sur mon planning ! Je suis un peu fatigué, je le paierai plus tard.
Arrivés à Tinténiac on
nous avait dit qu’il n’y avait pas de
couchage alors que c’était faux. Nous décidons de nous arrêter. Par
malchance, on a perdu notre voiture d’assistance et les portables ne
fonctionnent pas ; je commence à m’énerver (pas bon signe), résultat
½ h de perdu. On se restaure, froid, pas moyen de faire chauffer ; on
prend une douche ,on se change ,et puis une chambre pour dormir ; je
n’arriverai pas a me reposer,trop de bruit ,trop de lumière ; je
laisse quand même Franck se reposer et j’attend que le réveil sonne(pour
moi trois heures de perdues),entre temps Kiki a réglé le problème mécanique sur
le tandem,la chaîne faisait des nœuds, il a donc fait fonctionné maillon
par maillon et huiler la chaîne,apparemment au départ cela fonctionnait un peu
mieux, mais ça ne dure pas longtemps. Nous sommes reparti à 1h15mn, la pluie se
remit a tomber, en plus des problèmes de visibilité, la pluie arrivant a
l’horizontale je ne voyais plus rien et je roulais donc sans lunettes,
nous arrivâmes quand même a Loudéac. Une fois changés nous décidons de dormir
dans la voiture, et là enfin j’arrive à dormir 1h, idem pour Franck et nous repartons un peu plus motivés.
Franck trouve que nous roulons toujours un peu trop
vite, je cherche donc une manière de le motiver, la seule que j’ai trouvé
et qui a fonctionné c’est de lui dire qu’arrivé a Brest je met le
tandem dans la voiture et que l’on rentre au bercail.A partir de là il s’est
remis dans les tours, malheureusement jusque là je m’était un peu épuisé
et j’avais du mal a suivre. Entre Loudéac et Carhaix pas trop de pluie
mais un vent de face de 50Km/h, plus fatiguant que la pluie. Arrivés a Carhaix
on se change, et on mange chaud, nous repartons alors gonflés à bloc pour
rejoindre Brest.
Etape la plus dure, mais
la plus agréable car sous le soleil, malheureusement avec un vent de face, mon
premier compteur viens de me lâcher il n’avait pas appris a nager. Apres
avoir admiré la rade de Brest et son pont suspendu, on commence a pester dans
cette montée qui n’en fini pas ;
Enfin le contrôle, on décide de ne pas trop
s’attarder, on se change, on avale ¼ de gatosport et on décida de
repartir en espérant que le vent ne change pas de direction pour pouvoir rejoindre
Carhaix avant qu’il ne fasse trop nuit. Mon épaule me fait de plus en
plus mal et je suis obligé de m’arrêter trois fois pour me faire masser.
Enfin a 21heures nous arrivons a Carhaix. On a trois heures de retard sur mon
tableau de marche et je commence à douter ; après un repas chaud on décide
de dormir 2 heures pour recharger les batteries, en plus voilà qu’il se
remet à pleuvoir !
Nous repartons à minuit,
la pluie tombe toujours a l’horizontale, je suis obligé de retirer les
lunettes mais tant pis on roulera moins vite pour ne pas louper une flèche.
Nous déciderons de rouler seul car en suivant un groupe de japonais on est
tellement ébloui par les feux rouges que l’on ne peut pas suivre ;
soit il faut accélérer, soit il faut laisser
16heures 50 on repart direction villaines, Puis
j’ai un gros problème : mon bras droit me laisse tomber, plus de
sensations, aucune douleur, un bras mort ; seulement d’une main
impossible de diriger le tandem. Franck essai de me masser mais aucun résultat,
je commence à paniquer car j’ai eu un accident avec rupture totale de la
coiffe des rotateurs et le bras est resté 6 mois le long du corps sans pouvoir
bouger d’un millimètre, je ressent la même chose et ceci me revient en
mémoire ; il faut donc trouver une solution ? Je m’arrête a un
croisement et j’essai de me pendre après un panneau de céder le passage
qui se trouve être a une bonne hauteur pour tendre le bras, je m’impose
donc une douleur pour essayer de sentir mon bras, cela a l’air de marcher
on repart donc, seulement au bout d’une heure rebelote plus aucune
sensation, donc séance de traction et ceci a duré jusqu'à l’arrivée toute
les heures. Enfin villaines ! On se restaure, une petite sieste
d’une heure, puis on repart. Il n’est plus question de penser aux
douleurs, le seul but c’est d’arriver ! On commence à
rencontrer de plus en plus de cyclos partis le lundi et qui désespèrent de
rentrer dans les délais. A 15km de Mamers on s’arrête dans un café,
j’ai appris trop tard qu’il servait de la soupe. On arrive a
Mortagne ; plus que deux étapes… Là, j’ai dormi deux heures
d’un sommeil de plomb. Je suis reparti galvanisé.
10Km plus loin on s’arrête pour ôter notre
k-way, un cyclo s’arrête, c’était le président du club de Creil. On
échange quelques mots et on repart en direction de Dreux. Cette étape est effectuée à la vitesse grand
V. .De plus en plus de monde sur la route, dans les fossés en train de
dormir ; on roule avec un gars de Grenoble qui ne comprend pas que
l’on puisse doubler des vélos solo dans les montées ; des anglais,
des italiens etc. qui nous remercient tous sur les grand parking, on se
restaure bien, on prend notre temps, les encouragements arrivent de partout, on
décide de mettre le maillot du pbp pour terminer espérant arriver sous le
soleil, et l’on repart. Malheureusement après trente Km, averse sur
averse nous oblige a remettre les impers. Dans la côte de Gambaiseuil on
rattrape un tandem, tout content de nous voir mais il déchantera vite car lui
est sur le 90 et nous sur le 84. Il se battra jusqu’au bout pour arriver
avant 15 h, malheureusement après les feux au rouge, les travaux, et
l’attente au pointage il sera pointé avec 15 minutes de plus. Nous tirons
un bout de chemin et nous arrivons à Dreux sous le soleil.

Enfin l’arrivée,
sous les acclamations du public on se croirait … au tour de France !
Nous apercevons Roger et Robert tout content que l’on soit arrivés dans
les délais.
CA Y EST
ON Y EST ARRIVE !!
Maintenant il faut pointer, 1/2heure de queue ; j’ai envie de dire
un tas de choses, de prendre Franck dans mes bras, d’embrasser la terre
entière ; mais ne le ferais pas car je sais que je partirais en sanglots
et les autres ne comprendrais pas !!! Douze années de rêves viennent de prendre fin et je me sens
vidé.
Nanard 1/09/07
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